BMW Berlin Marathon 2018 : Race to the Gate!!!

15 septembre 2018.  

Il est 14h, mon avion vient d’atterrir à Berlin.  Mes premières minutes sur le sol allemand se font dans le flou : je suis un peu perdu, je ne parle pas la langue de Goethe.  

Les prochaines heures à venir sont chronométrées. En effet, je dois aller récupérer mon précieux sésame avant 17h, heure de fermeture du « salon du running » à la sauce berlinoise.

1 bus, 2 métros et quelques centaines de mètres de marche plus tard, me voici dans la zone pour les participants. 

Comme à Tokyo, chaque coureur se voit doté d’un bracelet serti autour du poignet, pour bien montrer qu’il fait partie de la fête (question de sécurité et façon aussi d’éradiquer la tricherie des faux dossards). Moins de 10 minutes après, j’ai le mien. C’est réellement à partir de cet instant que je prends conscience que je vais courir un marathon le lendemain : quelle folie !! 

Pour éviter de me fatiguer inutilement en piétinant, je ne m’attarde pas dans les allées du salon et rejoins directement mon hôtel pour me reposer en attendant l’heure H. 

16 septembre 2018 : D-day. 

Voilà, j’y suis.  

Après plusieurs semaines de préparation, me voilà à quelques minutes de me lancer sur mon 9ème marathon. La météo du jour est parfaite pour courir : ciel bleu, température modérée, pas de vent. Les coureurs qui sont autour de moi semblent heureux d’être présent. Malgré la densité de la foule, j’ai la chance de croiser une amie bruxelloise qui comme moi est impatiente d’en découdre. 

Il est 9h30. Les élites s’élancent avec à leur tête Eliud Kipchoge qui vise le record du monde !! Etant au SAS H, mon départ ne sera donné qu’environ 30 min plus tard. 

La ligne de départ est là, à portée de main. Plus le moment de faire demi-tour : l’heure est venue de tout donner !!! 

Venons-en à ma stratégie de course. Celle-ci a à vrai dire évolué tout au long de ma prépa. Lors de la 1ère moitié de celle-ci, mes entrainements m’avaient mis en confiance pour espérer viser un beau chrono : un sub4h30. Je m’étais même mis à rêver secrètement d’un sub4h20 voir moins. Mais à l’inverse de ce qui aurait pu se produire, plus les semaines passaient, moins j’avais l’impression de progresser. Bien au contraire, je sentais que je régressais. Les vacances estivales n’ont pas aidé car il m’était très difficile de me priver des moments de partage en famille et avec les amis. Alors oui, l’idée d’un RP commençait à s’éloigner petit à petit de mon esprit et fut même foudroyée en plein vol lors de ma 1ère grosse SL. Elle fut une vraie catastrophe : je n’avais plus de repères. Toutes celles qui ont suivi furent du même acabit, me confirmant que mon seul objectif à Berlin serait de terminer.  

Cet état pris en compte, mon plan de course, divisé en 3 parties, devait au mieux me permettre d’améliorer de quelques minutes mon meilleur temps de NY, au pire, faire un sub 5h, temps qui semblerait être mon niveau sur marathon. 

Me voilà donc parti à crapahuter dans les rues berlinoises, au milieu de coureurs tous « focusés » sur leurs objectifs divers et variés. L’ambiance était bonne, les autochtones bruyants et festifs comme il se doit. Je suivais la ligne bleue sans la lâcher du regard : je n’avais pas envie de faire plus de kilomètres, les 42.192 déjà prévus me suffiraient amplement.  

Mon allure sur mon premier bloc de 15km était bonne : je respectais ce que je m’étais défini. Pas d’avance, pas de « retard », les voyants étaient au vert. Je m’hydratais régulièrement, prenais le temps de prendre mes gels : cette de maitrise de ma course me procurait une sensation grisante, euphorisante.  

Une envie de m’arrêter faire pipi commençait à se faire sentir. J’avoue que c’était ma crainte sachant qu’un arrêt, même de quelques minutes, pourrait m’être fatale dans ma progression. En effet, mon problème à la hanche n’ayant pas été solutionné avant le marathon, je savais que si elle venait à se bloquer pendant la course, il me faudrait passer en mode warrior pour terminer.  

Km 18, je vois une file d’attente pour des toilettes. 10 sec, 30 sec, 1 minutes, 1 minutes 30. Je repars. Je me sens plus « léger », mais les sensations d’avant arrêt ne sont plus les mêmes : premières douleurs à la hanche, FUCK !! Même pas arrivé au semi et je vais devoir serrer les dents. Je suis dans l’impossibilité d’accélérer, au mieux j’arrive à maintenir mon allure des 15 premiers km. Plus j’avance, plus les kilomètres qui défilaient au début, semblent être plus longs, mais je m’accroche. Je vois le meneur d’allure des 5h qui passe. Je me mets dans ses pas et ne le lâche pas d’un centimètre. Il court, je cours. Il ralentit pour les ravitaillements, je ralentis avec lui. Je finis mon 2ème bloc de 15 km à 3 secondes/ km au-dessus de mon plan, mais 11 sec/ km de plus que lors du 1er bloc.  

Plus que 12 km avant la fin. Checking des voyants. Le vert s’est fait la malle pour faire place à un chatoyant orange. Depuis plusieurs kilomètres je n’arrive plus à m’hydrater et à manger. Mes jambes commencent à se transformer en de jolies poteaux. Mes pieds ont tellement gonflé dans mes baskets que j’en sens les lacets. Je ne sais pas si on peut dire que je me suis pris le mur mais ce qui est certain, c’est que je le porte sur mon dos.

De temps à autre je lève la tête pour voir le paysage qui m’entoure : Berlin semble être est une belle ville, mais pas le temps de faire du tourisme. Chaque panneau sur le parcours qui m’indique le nombre de kilomètres effectués, est une victoire sur mes douleurs persistantes et ma sensation de soif accrue. J’essaye de boire de nouveau, mais toujours impossible, ça ne passe vraiment plus.

Plus que 2km. Les berlinois sont déchainés. Leurs cris et encouragements me boostent.

Dernier virage : je vois la porte de Brandebourg, synonyme d’une arrivée proche. Je me lance dans un sprint qui à l’œil des spectateurs ressemblent plus à une marche rapide, mais rien à faire, d’ici quelques minutes je serai de nouveau marathonien et personne ne pourra me l’enlever.

300m, 200m, 100m…

FINISHER DU BERLIN MARATHON!! Temps : 5h13’30.

BILAN : 

L’objectif de finir ce nouveau marathon aura été atteint avec les moyens du bord. Pendant longtemps j’ai espéré le sub5h, mais le mur fut bien trop lourd à porter après le 30ème kilomètre.

Je boucle à Berlin mon 2ème Marathon Major de l’année et mon 4ème au total sur 6 : la Six Star Medal n’est plus très loin.

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2 commentaires sur “BMW Berlin Marathon 2018 : Race to the Gate!!!

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