Tokyo 2018 : The Day we Unite!!!

Petit retour en arrière.

Flashback 1 : nous sommes en août 2014. Je rêve d’avoir un jour la chance de porter autour du cou la « Six Stars Medal » de ceux qui ont bouclé les Majors Marathon. Mais voilà, il y a Tokyo, ville à l’autre bout du monde et à plus de 13h de vol. Pour quelqu’un qui a peur de prendre l’avion, s’imaginer rester autant de temps enfermer, c’est quelque chose d’inpensable. De plus, ne connaissant pas la culture japonaise à part les dessins animés qui ont « bercé » mon enfance et mon adolescence (Olive et Tom, Les Chevaliers du Zodiac, Ken le Survivant, Dragon Ball,….), cette région du globe est un mystère et à vrai dire, ne m’attire pas.

Flashback 2 : Nous sommes en août 2017, l’heure du début de la prépa pour mon 2ème marathon à NYC a sonné. Je vois passer sur internet que les inscriptions pour participer au tirage au sort de l’édition 2018 du marathon de Tokyo sont ouvertes. Je tente ma chance sans vraiment trop y croire car les chances d’être tiré au sort sont minimes, mais comme on dit, qui ne tente rien n’a rien.

25 septembre 2017, la nouvelle tombe : j’ai le fameux sésame et moins d’1 semaine pour confirmer mon inscription. Un calcul rapide du budget global me fait répondre par l’affirmative très rapidement, ce qui n’est pas étonnant quand on connait le coût total du voyage si j’avais dû passer par un Tour Operator (aux alentours de 4000€/ personne).

Février 2018

Après plus de 20h de voyage de porte à porte, nous voilà à Tokyo. Le marathon est dans 2 jours : il est impératif que je récupère vite pour être le plus frais possible lors du jour J et cela ne sera pas chose aisée.

La veille de la course ne sera pas très chargée : marathon parade le matin (ou nous étions avec My Boo les seuls représentants français) + marathon expo l’après midi (qui se fera au pas de charge après avoir piétiné pendant plus d’une heure pour récupérer mon dossard).

Après une nuit bien pourrie ou je n’aurai pas réussi à vraiment dormir profondément, je me décide à décoller du lit pour me préparer. Sans exagéré, je crois que j’ai mis plus d’1h pour tout faire : douche, passage de la vaseline aux endroits de frottement possible, pansements aux tétons, pansements sur les doigts d’orteils pour éviter les ampoules, pose des « tapes » aux chevilles, mollets, genoux… En fait, j’ai protégé chaque partie de mon corps là où j’avais pu avoir mal lors de mes précédents marathons. Si ça continue, je vais bientôt courir avec un scaphandre.

5 minutes après mon départ de l’hôtel, j’éprouve mon 1er coup de stress. Alors que la veille, j’avais cru bien identifier les lignes de métros que je devais prendre mon rejoindre la zone de départ, je me rends compte que je n’avais pas bien identifié l’arrêt de métro que je devais prendre. Par chance, après avoir réussi à trouver au bout d’une quinzaine de minutes quelqu’un qui baragouinait vite fait 2, 3 mots d’anglais, j’ai réussi à prendre le bon chemin.

Arrivée sur la zone de départ, tout est fluide, bien indiqué, … les encouragements des bénévoles commencent à pleuvoir. Ça y est, j’y suis bien, je vais bientôt courir mon 8ème marathon.

Comme aux US, avant le départ, moment solennel et respectueux avec l’hymne japonais qui résonne dans les SAS.

9h15 : le départ est donné.

Dès les 1ers mètres du parcours, j’en prends plein les oreilles tellement les tokyoïtes mettent l’ambiance. Alors oui, quand on a fait Chicago ou New York cela peut paraitre « calme », mais tout est relatif tellement les américains sont fous !!

Tout au long du parcours, je serai agréablement surpris des marques d’attention personnalisées des japonais, sans fioritures, sans excès, avec le sourire, le fun, tout dans la délicatesse et le respect qui les caractérisent.

J’en prendrai aussi plein les yeux des différents quartiers que l’on traversera, alliance de tradition et de modernisme.

Et que dire de la propreté ? C’était déjà quelque chose qui m’avait marqué en me baladant dans Tokyo, mais là lors d’une course, rien ne trainait par terre : le parcours était propre. Alors oui, on pourrait dire que c’est logique mais combien de courses j’ai faites ou les coureurs sont sans-gêne en jetant leurs déchets au sol ? Ici, tout le monde prend son temps pour les mettre dans les bacs prévus à cet effet et si par « malheur » il n’y en avait pas à proximité d’eux, pas de problème : de nombreux bénévoles sont sur le parcours avec des sacs poubelles pour récupérer les détritus.

Venons-en à ma course. Dès le début, j’ai eu une gêne : l’envie de faire pipi. Plus les kilomètres passaient, plus cette envie devenait obsédante. A chaque zone de WC, il y avait tellement de monde que je me disais « ça sera à la prochaine ». Mais de « prochaine » en « prochaine », l’urgence était devenue absolue au point que j’étais à 2 doigts de me « pisser » dessus au semi lorsque j’ai enfin pu me soulager. C’est à partir de ce moment-là que ma course a basculé : l’arrêt au stand m’a été fatal. Ma hanche s’est bloquée et cela a réveillé la douleur que je traînais depuis ma SL de 3h. Ne souhaitant pas que mon marathon devienne un chemin de croix, je pris la décision d’opter pour la méthode Cyrano : alternance de run et de marche à pieds.

Alors oui, la 2ème partie de la course aura été looonnguuueee et ceci été aussi amplifié par le fait que sur toute une partie du parcours, on croisait les coureurs qui étaient sur la fin de leur marathon. Oui, j’ai plusieurs fois râlé car à part cette douleur à la hanche, je me sentais physiquement bien, mais je ne pouvais malheureusement pas courir sur toute la course. Mais excepté tout ça, j’ai pris mon pied car vivre ce marathon dans ce pays dont la culture m’était encore totalement inconnue quelques jours auparavant, était une expérience folle, unique et je devais de la vivre à fond, et c’est ce que j’ai fait. J’ai répondu aux high five des supporters, aux kaméhaméha des Sangoku et Végéta que je croisais, fais une photo avec Spiderman, applaudit tous les bénévoles que je croisais, répondu aux sourires respectueux que les gens m’envoyaient, dansé à l’unisson avec d’autres runners sur YMCA… Assez dingue quand j’y repense.

Mais toute cette course n’aurait pas été aussi bien vécue si My Boo n’avait pas été là à m’encourager à plusieurs endroits du parcours, et pour ça je la remercie d’avoir été une supportrice de choc en me redonnant de l’énergie les fois ou celle ci diminuait. Je crois d’ailleurs que cela aura fait sourire plus d’une japonaise de voir un grand black d’1.90m faire un kiss à sa blonde d’1.57m lol.

Sur les 2 derniers kilomètres, j’arriverai à retrouver mes jambes du début, ma foulée se faisant moins rasante. Je terminerai les 500 derniers mètres avec dans la main, le drapeau tricolore que je brandirai fièrement en dépassant la ligne d’arrivée, des larmes de joie coulant sur mes joues.

Voilà, je l’ai fait. 8ème marathon bouclé en 5h10. 3ème Majors : je suis à la moitié du chemin.

Dans le vent et le froid, sous mon pancho de la course, je récupère ma nouvelle médaille qui brille de mille feux dans mes yeux embrumés.

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4 commentaires sur “Tokyo 2018 : The Day we Unite!!!

  1. Félicitations et merci pour le partage. Pas évident quand le corps ne suit pas mais tu ne t’es pas abattu, t’es resté positif, t’as continué à avancer en profitant un max. C’est pas donné à tout le monde. Belle état d’esprit. Grand bravo et bon courage pour la suite, plus que 3 😉

  2. Tres beau recit 😊 CA Donne encore plus Envie de participer a un tel marathon et de vivre un tel moment 😍

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