Genève Marathon 2015 : 3ème voyage en « marathonie »

Genève : destination de mon 3ème voyage sur la planète marathon.

1er marathon auquel je vais participer en ayant fait une préparation digne de ce nom avec l’apport d’un coach de A à Z. Des semaines à enchainer des exercices de VMA, d’endurance,… pour enfin me présenter devant cette grande dame du 26.2 avec tous les honneurs qu’elle mérite.

Les jours précédents la course, tous les voyants sont au vert : physiquement et mentalement, je suis au top de ma forme. Je piétine d’impatience de fouler le bitume helvète pour aller mettre un knockout à ma meilleure performance réalisée sur le sol américain en octobre dernier.

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4h30 : voilà le temps que je me suis fixé, soit 28 min de moins par rapport à mon 2ème voyage en « marathonie ». Je n’ai aucun doute dessus : j’y arriverai !!!

J-1 : depuis le début de la semaine, je regarde tous les jours la météo qu’il fera le jour de la course, et à chaque fois ce sont les mêmes images qui se présentent : nuages + pluie. Marathon pluvieux, marathon heureux ? Impatient de voir ça !

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Dossard récupéré, place au repos dans un cocon 4 étoiles genevois (encore un GRAND merci à Vanessa pour ce cadeau de Noel J ), après avoir mangé un plat de pâtes (au tarif suisse) avec My Boo.

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D-Day : Le plus dur le jour d’une course, c’est l’heure du réveil. 5h15 pour nous aujourd’hui : l’horreur. Rajouté à ça le petit déjeuner proposé par nos hôtes qui te donne juste l’envie de rester au chaud et de te faire péter la panse, tu prends conscience que nous les runners, nous sommes des fous à lier!!!

Direction la ligne de départ…..sous la pluie. Départ à 8h30 pour My Boo pour le semi. Moi le décollage est programmé 1h15 plus tard, juste le temps de faire une « prière » pour espérer ne pas vivre la même mésaventure qu’à Bordeaux.

9h40 : je suis dans le SAS…et je ne fais pas le fier. Je souffle une 1ère fois… Souffle de nouveau… Ecouteurs dans les oreilles, montre prête à être démarrée… 3, 2, 1 : c’est paarrttii !!

La stratégie du jour est simple : m’enfermer dans ma bulle et faire 4 courses à allures différentes pour atterrir sur la lune !

  • Course 1 : km0 à km7 à une moyenne de 6’35“/km
  • Course 2 : km7 à km30 à une moyenne de 6’27“/km
  • Course 3 : km30 à km37 à une moyenne de 6’22“/km
  • Course 4 : km37 à la fin à une moyenne de 6’10“/km

Course 1 : phase d’échauffement

Elle doit me permettre de monter gentiment en température. Accompagné d’une playlist « zénifiante », et ce malgré la pluie et les chaussures mouillées dès le km2, les 1ers kilomètres défilent 1 par 1 sans que je ne m’en rende vraiment compte. Je me surprends à déjà dépasser des coureurs qui marchent…. Ils ne sont pas sortis de l’auberge s’ils sont déjà mal maintenant.

Fin de l’échauffement : 45’24“, 6 sec d’avances sur mon temps de passage.

Course 2 : la pré-course

On a coutume de dire que le mur du marathon peut se présenter vers le km30, c’est donc tout naturellement que j’ai programmé la fin de ma course devant  ce  « mur supposé ».

Au km10, mon avance s’accroit : 1 min de « gagné » sur mon timing. La pluie qui nous accompagne depuis le début de la course me saoule. Je rêve d’une éclaircie, d’un léger rayon de soleil pour me réchauffer les os détrempés. Ooohhhh que cela va être long !!!

Km15, je stagne niveau allure, je n’arrive pas à accélérer depuis le début de ma 2ème course. Faute au dénivelé positif qui ne fait qu’accroitre depuis le départ ? Faute à ces slaloms incessants qu’il faut que je fasse pour éviter les « mines » humides qui ne demandent qu’à m’engloutir ? Faute…, faute… « NO EXCUSES » je ne suis pas là pour me plaindre, et je sais qu’à partir du km17, ça va « descendre » de nouveau et je pourrai reprendre mes esprits.

Km17, la descente tant espérée est là : ENFIN !!! Mon corps lui commence à montrer quelques signes de faiblesse : j’ai froid et mes jambes sont comme des poteaux… Je m’accroche à un groupe de coureurs pendant plus d’1km, mais au détour d’un virage, ils me lâchent : je n’arrive pas à les suivre. Serai-je déjà KO sans avoir débuté le combat ? « Ne flanche pas, tu es un ROC Captain. On sort le couteau et on avance » me crie mon amie la volonté !! Aie, je ne pensais pas qu’elle pointerait le bout de son nez si tôt dans la course, pas bon signe…

Km20, mon avance du début n’est déjà plus qu’un lointain souvenir… Elle n’a pas résisté aux assauts répétés des gouttes de pluie qui nous tombent dessus comme des missiles.

Plus les kilomètres passent, plus le plaisir de courir est en train disparaitre. Mon marathon est en train de devenir un chemin de croix, rythmé par le « ploc, ploc » de l’eau dans mes chaussures. La seule éclaircie est la lumière qui jaillit des ampoules naissantes de mes pieds… : C’EST LA FÊTE !!

Course 3 : The Wall

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Pour moi, cela fait longtemps que je l’ai pris en plein face. Longtemps que j’ai pris conscience que mon objectif de 4h30 ne sera pas atteint…

C’est dans ces moments-là que les encouragements des supporters sur le bord de la route font du bien…. Mais malheureusement, ils sont presque inexistants (découragés par la pluie ?). L’unique réconfort sur le parcours vient des valeureux bénévoles qui gardent le sourire et ont toujours un petit mot gentil malgré les conditions météos dantesques.

« Dernière ligne droite ! Tu donnes tout et tu bats ton RP malgré cette garce de pluie qui veut t’en empêcher » me crie ma volonté. J’ai bien peur que malgré ses mots, mes maux sont bien plus grands et que je dois revoir à la baisse mon objectif : terminer la course ! Mais avec de la volonté, tout n’est-il pas possible ?

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Km34, début de la descente vers le lac de Genève. C’est LA partie du parcours où les secondes perdues précédemment peuvent être récupérées si on gère bien, là où le combat commence. « On oublie le mur, la pluie, les jambes lourdes : on trace !!  C’est qui le Phoenix ? Elle est là-bas ton arrivée : fonce !!». Malheureusement même là je n’arrive à relancer la machine : le moteur est noyé.

Course 4 : le sprint final (hheuuu pas là non…)

Je rage, je vois les minutes qui s’égrainent et je prends conscience que je serai au-dessus des 5h. J’en appelle à ma volonté pour ne pas qu’elle me lâche mais je n’entends même plus sa voix, ça bourdonne dans ma tête : j’ai juste envie de pleurer et de jeter là les armes à quelques encablures de l’arrivée. Mais je me ressaisis.

Au Km40, je n’ai qu’une obsession, tout donner pour faire un temps inférieur au marathon de Paris (piteuse récompense).

Comment j’ai fait pour finir ? Je ne sais pas… Surement le creuset de cette alchimie irrationnelle entre le fait de savoir qu’avec la volonté, tout est possible et les encouragements de My Boo sur les longs et derniers kilomètres du parcours.

La dernière ligne droite est là… Je me lance dans un pseudo sprint. « Tour de contrôle, le Phoenix est en approche ».

20m, 10m, 5m : FINISH LINE !!!

5h16’46” (environ 3min de moins qu’à Paris… ouf mon égo est sauf).

Je fonds en larme lorsque l’on me passe la médaille autour du coup : je suis FINISHER du Genève Marathon !!

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18 réflexions sur “Genève Marathon 2015 : 3ème voyage en « marathonie »

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  4. La volonté peut beaucoup…Parfois on a juste l’impression d’en être tellement tellement éloigné qu’on aurait envie de baisser les bras et de se contenter d’excuses pour ne pas s’accrocher . La gloire dans ce cas c’est bien d’avoir maintenu le cap corps et âme ! Alors chapeau !! ( J’ai vu des vidéos, les conditions climatiques, le terrain et le désert sur le bord des routes c’est juste désespérant !! )

    • Aaahhhh la volonté : sans elle, on ne peut grand chose! Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait qu’elle nous permet de nous accrocher, de nous dépasser, que dis je : de nous surpasser 😀!! Dans tous les cas, cette course m’aura permis d’en apprendre encore plus sur mon mental à toutes épreuves!!

  5. Grrrr de grrr mon tel a bugger et le commentaire s’est effacé.
    Je disais donc que c’était pour ça que j’aimais autant le mararyhon: on ne sait jamais a l’avance ce qui va se passer ou quand on se prendra le foutu mur malgré la meilleure préparation du monde. Ce qui compte c’est d’être finisher quelque soit le chrono. Y’a des jours avec et des jours sans…
    Alors félicitations: tu l’as bien mérité cette médaille!!!!!
    Tu viens quand même voir le Mont Saint Michel ein???

    • Pour mon 1er marathon avec une vraie prépa complète, on dira que cela aura été la fois « sans ». Espérons que le jour « avec » est pour bientôt! Et OUI, je viens voir le Mont en fin du mois. J’y vais sans aucunes pressions car il me faut déjà gérer jusque là la récupération + garder un niveau de forme optimal pour faire une « bonne course ». Ca va dans tous les cas être une sacrée expérience encore 😀. Y seras-tu?

      • Yes!!!!!! J’y serais!!! J’esperr battre mon record mais vu que je l’ai deja battu a Bordeaux, faut pas être trop gourmande! !!!

      • Cool : alors on s’y croisera peut être cette fois 😃. Et pour le RP, qui sait, sur un terrain plus plat qu’à Bordeaux et de jour : tout est possible 👍🏾

  6. C’est pour ça que j’aime autant le marathon: on ne sait jamais comment ca se finira où ce qu’il se passera ou quand ce foutu mur surgira….
    Le principal c’est d’être finisher: c’est déjà énorme….
    Tu viens quand même au Mont Saint Michel???
    En tout cas félicitations: tu l’as mérité cette médaille.

    • La beauté des courses d’endurance réside dans le fait que même si l’on pense avoir réussi à contrôler tous les paramètre, il y a toujours une part d’inconnue qui peut changer nos « plans ».

  7. Marvin, Marvin, Marviiiiin! Pour battre ton RP choisis un marathon plat! Ça aide!
    Comme tu aimes l’étranger, je te conseille celui de Prague!

    On se voit au Mont St Michel ou ce n’est plus au programme?

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